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  • Leçon d’informatique pour mon fils

    Mon grand, tu a commencé la programmation en Python. Excellent choix, vraiment. Ce n’est pas celui que j’aurai fait, mais uniquement parce que je suis un vieux grincheux qui fait de l’urticaire devant des espaces signifiants.

    Tu a commencé à programmer un jeu de type plate-forme en 2D, et c’est très bien. Et pour arriver à cela, tu as commencé à penser aux déplacements de ton personnage. Ainsi donc pourvu de ton but, tu as redécouvert :

    L’intégration numérique.

    Ca claque, comme nom, hein ? Ca en jette, c’est stylé.

    Mais on ne sait pas ce que c’est.

    Alors, pour déplacer, mettons un bonhomme, sur un écran, on peut le déplacer par bonds. C’était la première méthode utilisée dans les jeux vidéo, c’est le truc le plus intuitif. Quand j’appuie sur la flèche droite, j’ajoute, mettons 5, à sa position horizontale, et puis c’est marre. Quand j’appuie sur la flèche gauche, j’enlève 5 et on a fait les 2 côtés à la même vitesse et puis voilà.

    Ca marche très bien, et ça donnait ce délicat mouvement hyper saccadé et ingérable des mauvais premiers jeux vidéos.

    L’autre possibilité, c’est que l’appui sur une touche ne modifie pas la position du bonhomme, mais sa vitesse. Et là c’est autre chose. Là on fait de l’intégration numérique.

    Qu’est-ce que la vitesse ? Hé bien, la vitesse, c’est la distance que tu parcours en une seconde. C’est une distance divisée par un temps. 1 mètre par seconde, qui fait donc 60 mètres par minute, soit 3,6 km/h pour peu qu’on sache multiplier par 60.

    Donc, quand tu appuies sur une touche, tu donnes la vitesse de ton personnage. Et quand tu arrêtes d’appuyer, formidable, tu ne donnes plus la vitesse à ton personnage. Sa vitesse évoluera selon des paramètres extérieurs, comme la texture du sol, par exemple. Dans la colle il s’arrêtera vite, sur une patinoire… ça mettra plus de temps. Bon, au pire on mettra des murs pour ne pas qu’il traverse le niveau « Reine des neiges » en 5′ 7.

    Très bien, me diras-tu fort justement, mais comment transformé-je cette vitesse en position sur l’écran ? Parce que moi, observeras-tu, je dois afficher mon bonhomme à une certaine position qui bouge tout le temps, pas à une certaine vitesse globalement constante.

    Et oui. Et donc, à chaque image, on veut transformer une vitesse – qui est une distance divisée par un temps, en distance (une coordonnée, c’est une distance par rapport à un point de référence). Et pour transformer une distance divisée par un temps en distance pas divisée, et bien… il faut multiplier par ce qu’on divise, c’est à dire un temps. Une vitesse multipliée par un temps, c’est une distance ! J’ai nagé une demie heure à 2,4 km/h, ça fait 2,4 km/h * 0,5 h = 2,4 km/h * 1/2 h = 1,2 km/h*h = 1,2 km tout court ! J’ai nagé 1,2 km.

    A chaque image, donc, tu ajoutes à la position de ton personnage sa vitesse, multipliée par le temps écoulé depuis l’image précédente. Cette opération de multiplication par le temps écoulé s’appelle une intégration numérique.

    L’intégration numérique est la base fondamentale de la simulation sur ordinateur. Cette idée de multiplier une vitesse par un temps s’applique à beaucoup, beaucoup de grandeurs physiques. Un poids sur une surface, c’est une pression, par exemple. Une pression multipliée par une surface va donc pouvoir te ramener à un poids, ce poids probablement à une masse, et cette masse, via la densité (c’est une masse divisée par un volume), te donnera un volume, par exemple.

    Le secret, c’est qu’à chaque image, entre deux courts instants, la vitesse va pouvoir évoluer. Et ces variations de vitesse seront ainsi appliquées à la position, qui intégrera conséquemment toutes ces variations. Elle intégrera toutes ces variations… C’est une intégration… Et comme ce n’est pas fait avec des formules mathématiques, mais directement avec les nombres, c’est une intégration numérique.

    C’est ça, l’intégration numérique : c’est appliquer par petits bouts toutes les modifications quand elles apparaissent, pour les intégrer dans le résultat final. C’est ce que tu fais quand tu appliques la vitesse à la position de ton bonhomme de jeu vidéo…

    Allez, zou, au turbin !

  • Vive la privatisation

    Au temps jadis, quand le monde était jeune encore et les banquiers pas trop présidents de la République, il y avait quelque chose qui s’appelait le service public. C’était, j’en conviens, un monde barbare où la concurrence libre et non faussée avait toutes les peines du monde à s’imposer, tant on était jaloux de garder le contrôle sur nos petites infrastructures.

    Heureusement, quelques banquiers ont travaillé d’arrache-pied pour que ces horribles monopoles d’État soient déboulonnés, renversés, et offerts à la concupiscence d’un peuple libéré de ses bourreaux.

    Ainsi, il fut un temps où on pouvait vivre sans être enregistré dans les livres de compte d’une banque. Mais bon, si on le souhaitait, on pouvait, dans le pire des cas, ouvrir un compte dans une banque. Et si ce n’était pas possible, vous vous tourniez vers la banque de France qui, quelle que soit votre situation, ne pouvait vous refuser l’ouverture d’un compte. Bon, d’accord, ça coûtait un bras. Mais, tout de même, on avait la possibilité d’avoir un compte bancaire.

    On a ensuite décidé que toutes les banques devaient être privées. Pour, paraît-il, éviter que ça ne coûte un bras. Je ne vois pas bien en quoi confier quelque chose à un requin de la finance rendrait la chose moins chère pour le client, mais foin de mauvais esprit : adieu les banques publiques, la banque nationale de Paris devenait une simple BNP. Après cela, le compte bancaire est devenu obligatoire. La paie ne pouvait plus être versée en liquide. C’est ennuyeux. Oui mais voilà : toutes les banques étaient devenues des entreprises commerciales qui ne voyaient pas d’un bon œil mercantile les gueux se presser à leurs portes pour toucher la maigre paie qui leur permettrait de boire leur désespoir jusqu’à la dernière goutte. Le gueux n’est pas un bon client. Un bon client, c’est quelqu’un qui finit avec des agios tous les mois et qui les paie. Les surendettés ne sont pas des bons clients. Il a donc fallu que le législateur oblige ces établissements commerciaux à prendre comme clients des gens qui leur coûteraient des sous. Bien évidemment, il a fallu donner à ces banques le manque à gagner. On sent qu’on progresse, n’est-ce pas ?

    Bien.

    Quelque temps plus tard, les banques se sont rendu compte qu’elles avaient un peu de mal à rétribuer grassement leurs actionnaires. Je rappelle que la banque de France ou toute autre banque nationale n’avait à rétribuer personne (même si elles le faisaient). Mais bon. Kerviel et Madoff étant passés par là, les actionnaires deux fois floués faisaient la tronche pendant leurs parties fines. On raconte même que DSK aurait refusé une fois d’y aller, tant le patron du FMI était morose. Il fallait réagir. Trouver de l’argent à donner aux actionnaires. D’un commun accord, toutes ces banques, pourtant tenues par le principe de la concurrence libre et non faussée (c’est pas comme si elles se prêtaient de l’argent mutuellement entre elles, hein), ont décidé, en même temps et sans se concerter, comme c’est étonnant, de rendre les comptes payants.

    Y’a pas à dire, la privatisation, ça fait faire des économies.

  • La vie c’est monotone

    Il y a des gens qui, j’en suis sûr, rentrent chez eux après une dure journée de boulot. Ils quittent le travail, montent dans leur voiture, arrivent jusqu’à chez eux, passent prendre le courrier et s’assoient dans un canapé confortable un thé à la main.

    Si c’est vous, je vous envie. Nantis.

    Parce que dans la vraie vie, voilà comment les choses se passent. Après une rude journée de boulot, j’abandonne en disant que ça attendra demain, je n’en peux plus. Je monte dans ma voiture, j’ai confiance la batterie est neuve. Les pompiers passent, toutes sirènes hurlantes. Je me mets sur le côté pour dégager le passage. Du coup je touche le trottoir, je crève. Je change la roue, j’arrive chez moi. Les plombs des communs ont sauté. Je monte chercher un balai à tâtons, je réenclenche le disjoncteur qu’un esprit supérieur a trouvé intelligent de placer à 3 mètres de haut dans un escalier. Ensuite je passe 10 minutes à décoincer la serrure de la boîte aux lettres. Tout ça pour trouver une prune destinée à un autre esprit supérieur, ou peut-être le même, qui a décidé de faire une fausse plaque avec mon numéro d’immatriculation. Je découvre avec joie que la chasse d’eau fuit, ça manquait un peu d’ambiance. Je cherche un garagiste qui puisse changer les pneus sur une voiture hybride, apparemment c’est pas la même procédure que sur une voiture purement thermique. Les roues sont peut-être carrées, va savoir. Enfin, quand je dis que je cherche un garagiste… Je cherche d’abord à retrouver internet. Je redémarre la box, par pur réflexe, je descends dans l’armoire de répartition du quartier, y’a toujours cet esprit supérieur qui a décidé de débrancher quelques câbles dans cette armoire à la serrure pétée. Je trouve un garage. En congés. J’en trouve un autre, qui me propose un rendez-vous pour dans 3 mois, le temps de commander les pneus. On se croirait au temps de l’URSS. Pas étonnant qu’ils préfèrent les chenilles, s’il faut 3 mois pour avoir une paire de pneus. J’en trouve un à 1 heure de route. En région parisienne, c’est vrai que c’est compliqué d’avoir des pneus pour une citadine, c’est la cambrousse par ici, à part des 4×4, on trouve pas grand-chose…

    Bon, je trouve un garagiste. Le 10ème pote que j’ai appelé pour raconter ma mésaventure me rappelle. C’est vrai que c’est surprenant, ce besoin de parler dans l’adversité. J’éprouve même le besoin de faire des phrases, c’est curieux. Enfin, c’est comme ça : je n’arrive jamais à avoir quelqu’un au téléphone à part ma mère. Je lui raconte (au pote, pas à ma mère) mes aventures, il se marre, se fout de moi, pendant ce temps-là j’essaie de payer. Carte bleue refusée.

    22h30, je suis épuisé. Le courant n’a sauté que 4 fois ce soir, je m’estime heureux. Le garage avait une option pour payer sur place. Je suis sauvé. Pour peu qu’il accepte les chèques, bien entendu. Et qu’il ait bien compris que j’ai besoin de pneus 4 saisons, il serait fichu de me mettre des pneus été en décembre.

  • Doctolib

    Dans un quart d’heure j’ai ma téléconsultation. J’ai le temps. Je vais me mettre dans une petite salle de réunion avec mon laptop, je serai bien. Je suis bien content, avec ça je suis tranquille, penses-tu : webcam intégrée, wifi, casque de visioconférence, c’est pratique la technologie. Même pas besoin de me déplacer sur la pause déjeuner pour mon suivi. Et puis c’est pratique pour le toubib, les gens peuvent prendre rendez-vous pendant un trou dans la journée.

    Et voilà. Tiens, le wifi ne marche pas ? Bon, c’est pas grave je vais me mettre en filaire. ‘Faut trouver un câble… Ça ne se fait plus, on dirait. « Passe en wifi, passe en wifi », t’es marrant mais ton wifi il passe pas les murs en béton, et visiblement les répétiteurs ça coûte trop cher. Enfin, bon, voilà. Ah, cette prise-là marche pas. Ben oui, vu le nombre de fois qu’ils ont refait le réseau interne, y’a plus qu’une prise sur 4 qui marche. Ah non, c’est mon câble qui est pété. En même temps elles sont fragiles, ces petites languettes.

    Bon, c’est câblé. Toujours ça de pris. Comment ça le laptop ne reconnaît pas sa propre caméra ? Non, c’est quoi c’te blague ? Le truc il est fourni avec une caméra intégrée il n’est pas foutu de savoir l’utiliser ? T’as raison, moi c’est pareil, dans ma voiture la boîte de vitesses elle n’est pas reliée au moteur en fait. Des fois qu’on puisse les utiliser ensemble. Bon, je vais chercher une webcam.

    Non ? Il ne la reconnait pas non plus ? C’est codé avec les pieds ce système d’exploitation ? Bon, on va te remettre les idées en place. Redémarrage. Y’en a pour une minute grand max.

    Grand max.

    Ça fait 10 minutes là… J’ai 1/4 d’heure d’avance pour une téléconsultation, je vais trouver le moyen d’être en retard. Tant pis, je ferai la consultation depuis mon téléphone. Ah, c’est vrai, le wifi marche pas. C’est pas grave, je vais utiliser la 4G. Ah, la 4G ne passe pas à l’intérieur. C’est pas grave, je vais dehors. Ça ne passe pas non plus ?!? Argenteuil, zone blanche ? Genre on déploie la 5G en France et on n’est pas fichus d’avoir de la 4G dans la 3ème ville d’Ile de France ? Genre on est sous-développés ? Elon Musk, envoie tes satellites au-dessus de Paris, on est un peu faiblards en infrastructures, après tout on n’est qu’au G8. Un peu comme le Burkina Faso, quoi.

    Tant pis je me connecte depuis mon poste de travail dans l’open space. Y’a pas grand-monde, tant pis pour la confidentialité, j’ai pas le choix. Ah, attends, le laptop a redémarré. Super. Comment ça mes identifiants ? Mais je viens de te les donner ? Validation par le téléphone ? Mais j’ai pas de réseau, à ton avis pourquoi je me bats depuis 20 minutes ? J’y serai allé à pied chez le toubib j’aurai été plus vite !

    Bonjour docteur. Excusez mon retard, soucis techniques depuis 20 minutes. Ah. Je ne vous entends pas docteur. Une seconde, je change de casque. Voilà. Je vous entends docteur. Comment ? Vous vous ne m’entendez plus ? Ça grésille ? Ce casque je l’ai utilisé ce matin, docteur. Comment je vais ? Je suis fatigué docteur, j’ai l’impression de me battre contre des moulins. Oui ? Vous n’entendez pas ? Je sais bien docteur, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? J’utilise du matériel qui est sensé marcher, ça fait une demie-heure que je me bats pour cette visioconférence.

    Oui docteur, très bien docteur. Samedi midi à votre cabinet. Tout ça pour ça. Oui, docteur, j’y serai. Merci docteur. Ma carte vitale ? Ben oui, faudrait pas rater une facturation, hein. Ce serait dommage de se priver, c’est la Sécu qui paie pour ces foirages… Ah c’est beau le progrès. Deux consultations pour finir à l’ancienne, dans la salle d’attente, et après on se plaint que les français sont pas technophiles.

    Allez, sur mes deux pieds, j’irai toujours plus loin que le cul sur une chaise en visio !

  • Ô rage indicible

    Ô rage indicible du père célibataire qui, le dimanche soir, regagne seul son domicile, dépouillé pour son malheur de sa belle progéniture…

  • De la vertu de la prière.

    « Je t’appelle ce soir.
    – Je peux pas j’ai prière. »
    Alors, ça ou piscine et poney, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Sérieusement. On parle de ton expulsion, là. Dans quelques jours tu te retrouves à la porte. Et tu ne peux pas passer un coup de fil parce que tu as rencard avec ton dieu.
    Est-ce que ton pote imaginaire t’a déjà matériellement filé un coup de main ? Est-ce qu’il t’a déjà invité à dîner ? Genre, rien, une soupe et un bout de fromage. Il t’a déjà fait ça ? Non ? Tu vois je ne suis pas surpris. J’ai pas d’exemple sous la main qu’il ait un jour fait ça dans les 20 derniers siècles. D’une source fiable. Genre, une source religieuse et une source profane. En tout cas il n’a jamais intercédé auprès des établissements HLM, je te garantis qu’on l’aurait su. Ceux qui te demandent de prier sont des gens qui veulent que surtout tu n’agisses pas. Des fois que tu te sortes du trou. Ton pasteur, il a pas été condamné comme marchand de sommeil, des fois ? Si, hein ? Ben tu vois ça m’étonne pas. Tu vois, ton dieu il a tout le temps pour t’écouter. Moi je bosse et je peux pas t’appeler pendant les heures de bureau. Alors si pendant les autres heures tu as génuflexion, tu vois je vais pas pouvoir te filer un coup de main. Mais si dieu peut te signer un bail, moi je dis très bien, hein, ça m’évite des emmerdes. Écoute, je te laisse je te souhaite bonne chance, j’ai soupe populaire à distribuer.

  • Gêne éthique.

    J’ai demandé à mon fils ce qu’est un bovin. « Ben, c’est un pinard qu’est joli, quoi. » Peut-être pas un Côtes du Rhône, mais un Châteauneuf du pape ça le fait.
    J’ai une mauvaise influence sur lui. Je suis super fier.

  • Je m’appelle Windows. Microsoft Windows. Agent 0010.

    Je ne suis guère complotiste, mais tout de même. Voici une communication officielle de Microsoft, se vantant du lancement de Windows 10.

    https://blogs.windows.com/windowsexperience/2016/01/04/windows-10-now-active-on-over-200-million-devices/

    Pour les non-anglophones, je résume le propos : « Youpi, c’est super, la migration vers Windows 10 se passe super bien. Nos utilisateurs l’ont utilisé 11 milliards d’heures, 82 milliards de photos ont été regardées avec notre logiciel de photo, les joueurs ont joué 4 milliards d’heures, etc. On est trop fort, c’est trop bien, vive nous. »

    J’espère que, comme moi, vous en êtes comme deux ronds de flan. Non ? Vous ne voyez pas ? Comment, à votre avis, savent-ils le temps passé sur des jeux, le nombre de photos regardées ? Hé oui, petit Zindow$ moucharde, et pas qu’un peu.

    Vous savez que c’est un système d’exploitation utilisé par exemple dans le cadre de la défense nationale, ainsi que par des sociétés européennes comme Airbus, fort concurrentes avec des sociétés américaines. Combien Boeing paierait pour savoir ce qu’Airbus fait sur ses ordinateurs ? Combien Mercedes paierait pour savoir ce qu’on fait chez Renault ?

    Microsoft est une société privée : elle fait ce qu’elle veut de ses données. Et ce que vous faites sous son système d’exploitation, c’est ses données. Même si vous êtes EDF ou le ministère de la Défense. Et Microsoft est libre de vendre ses données à qui elle veut. Comme, par exemple, je dis ça je dis rien : Daech. Ou la Syrie. Ou l’Arabie saoudite. Ou n’importe qui qui débarque à Redmond avec des sous dans la poche.

    Après, je dis ça, c’est pour vous. Moi, je m’en fous, je suis sous Debian.

  • On ne prête qu’aux riches

    La BNP, grande banque française, applique depuis le 1er janvier 2016 des frais de tenue de compte. Je ne disserterai pas sur ces frais fortement débattus. Foin de mauvais esprit, partons d’un bon sentiment.

    Nous n’irons pas bien loin toutefois. Car la BNP propose une offre dite « Priority », soumise à conditions de ressources. Cette offre est gratuite. Elle peut s’activer à partir de 5000 € de revenus du foyer et 20000 € d’avoirs. On vise des clients à leur aise. Et ce bidule fait sauter les frais de tenue de compte. Et moi je bondis.

    Donc, plus on a les moyens de payer les frais de tenue de compte, moins on paye. Ça ne leur suffit pas, les agios, pour faire cracher les petits revenus au bassinet ? Pourquoi en exonérer les riches ? On ne tient pas leur compte, aux riches ? Ne me dites pas que c’est principalement les comptes débiteurs qui posent problème, il y a déjà des tas de frais sur les comptes débiteurs, agios, frais d’envoi de courrier, frais de dossier… MM les banquiers, vous avez déjà utilisé cette excuse, il vous en faut une autre.

    Et 20000 € d’avoir immobilisés font sauter 30 € de frais par an, soit le taux mirifique de 0,15% d’intérêts par an et par compte. C’est le livret A qui va être content. Voilà. Éthiquement et financièrement, ce retrait des frais de comptes, c’est une blague.

  • De l’ouverture facile.

    Bon, les gens, il faudrait arrêter avec Skyrim. La compétence « sécurité » c’est bien joli, mais là on est dans la vraie vie, et je ne me promène pas avec ma vielle radio sur moi en permanence. Je ne sais pas si c’est contagieux, mais il y a une épidémie en ce moment de « je-suis-coincé-mes-clefs-sont-à-l’intérieur », c’est pas le premier que je débloque. Donc, je vous donne deux règles qui ne souffrent pas d’exception :
    – on ne laisse pas de clef sur une serrure, jamais, en aucune circonstance,
    – on sort de chez soi avec sa clef dans la main. Pas dans la poche, ni dans le sac, rien, nada, dans la main.
    Je répète : pas d’exception, jamais. Même si vous avez une poignée à l’extérieur chez vous, parce que le jour où vous serez à l’hôtel après un folle nuit, vous oublierez la règle. Même pour descendre les poubelles. Même juste pour récupérer un plateau repas. Parce qu’un jour, vous récupérerez un plateau-repas à l’hôtel après une folle nuit, et il vous arrivera ça.
    On étouffe ici, permettez que j’ouvre une parenthèse¹ : j’aime beaucoup la maman qui cache les yeux de son fils, et le gamin qui se retourne tout de suite, ça fait pavlovien, genre le gamin a l’habitude, c’est une scène quotidienne. C’est vrai qu’une paire de fesses couvertes par des saladiers, c’est couramment horrible à voir. J’espère qu’ils ne vont pas à la piscine.
    Bref.
    Les clefs dans la main quand on sort. Sinon, vous allez devoir nous appeler, ma vieille radio et moi. Mon fils risque de vous voir paniquer, et je vais arriver façon mousquetaire, puis je vais avoir un moment de mon-père-ce-héros. En plus je vous verrai tout nu avec un saladier sur les fesses, ce qui me fera me gausser d’un rire machiavélique en me tenant les côtés pendant un… Non, tout compte fait, oubliez ce que je viens de dire, laissez bien vos clefs sur la serrure, claquez bien vos portes avec vos clefs au fond du sac, je ne vais pas cracher sur le fait de me faire mousser devant mes gamins, ni sur l’opportunité de me payer votre tête ad vitam aeternam.

    1. Allez Alphonse !